Le constat est sans appel. Dans un article publié le 14 avril 2026, Mediapart révèle un chiffre qui devrait tous nous interpeller : 12 305 emplois ont disparu en un an dans les associations. entre la fin 2024 et la fin 2025.
Un chiffre alarmant, issu des données de l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire, qui révèle une crise profonde et silencieuse.
Derrière cette réalité, une situation brutale : un tissu associatif fragilisé, sous pression, et contraint de faire des choix impossibles.

Une crise structurelle qui s’accélère
Le secteur associatif, qui emploie près de 1,8 million de personnes en France, traverse une période critique. En cause : une baisse massive des financements publics. Entre 2025 et 2026, Le Mouvement associatif a calculé un manque à gagner de 1 milliard d’euros. Une perte qui se cumule avec celles des deux années précédentes, évaluées à 2,2 milliards d’euros.
Concrètement, ça donne quoi ?
- licenciements économiques,
- postes non remplacés,
- projets abandonnés,
- conditions de travail dégradées, avec des équipes sous tension
Et surtout, une incapacité croissante à se projeter dans le long terme.

« Le gouvernement ne reconnaît pas notre utilité et ne nous laisse pas travailler sur des projets de long terme. C’est une destruction méthodique du contre-pouvoir que représente le secteur associatif. »
Manon*, salariée d’une association citée dans l’article
Aujourd’hui, de nombreuses structures font face à un dilemme brutal :
👉 licencier pour survivre
👉 ou réduire leurs actions, au risque d’abandonner les publics qu’elles accompagnent
Certaines structures essaient de tenir sans licencier, mais au prix de décisions difficiles :
réduction des budgets, baisse du temps de travail, voire abandon de missions.
« Pour ne pas nous virer, on nous propose de passer à 80 % [de temps de travail – ndlr], mais avec le même travail, encore moins bien payé. Pour tenter de sauver la structure, on en arrive à paupériser les salariées »
Lucie*, salariée d’une association citée dans l’article
Le constat est clair : les besoins sociaux augmentent, mais les moyens diminuent.

Derrière le chiffre, des associations que tout le monde connaît
Ce qui frappe dans l’article, c’est que même les grandes associations historiques ne sont plus épargnées.
👉 Secours Catholique a supprimé plus d’une centaine de postes (1er plan de licenciements depuis la fondation de l’association en 1946)
👉 AIDES (association de lutte contre le sida et les hépatites virales) a annoncé 55 suppressions de postes fin 2025
👉 APF France handicap a licencié 300 personnes en octobre 2024
Ce ne sont pas des structures marginales.
Ce sont des piliers du paysage associatif français.
Si elles sont touchées, cela veut dire que tout l’écosystème est fragilisé, et encore plus les petites associations, souvent invisibles, mais essentielles sur le terrain.



« Aujourd’hui, quand on parle du monde associatif, c’est pour le criminaliser en pointant des cas exceptionnels. On est systématiquement taxé de militant d’extrême gauche. Mais on ne rappelle jamais ce que ce tissu génère comme plus-value pour la société. Ce qu’apporte l’éducation populaire dans tellement de quartiers [prioritaires de la] politique de la ville, ce que permet une crèche associative dans un village rural. Pourtant, c’est ça le monde associatif ! », s’agace Mickaël Huet, délégué général du Mouvement associatif
La générosité du public comme dernier rempart
Face à ce désengagement progressif de l’État, une tendance se confirme : les associations se tournent de plus en plus vers les dons privés, qui permettent de gagner en indépendance financière
« Le secteur associatif n’est pas une dépense, c’est un investissement dans l’avenir. Cela coûtera bien plus cher de réparer ce que la vie associative ne va plus pouvoir prendre en charge. » Mickaël Huet, délégué général du Mouvement associatif

Ce dont les associations ont besoin aujourd’hui, ce sont des ressources prévisibles, durables, sécurisées.
Et c’est précisément là que le don mensuel prend tout son sens.
Un don mensuel, c’est bien plus qu’un geste solidaire.
C’est :
- une visibilité financière pour planifier des actions sur le long terme
- la possibilité de maintenir des équipes sur le terrain
- la capacité à répondre à l’urgence sans sacrifier l’avenir
👉 Un don régulier permet aux associations de résister aux crises
👉 Il garantit une indépendance face aux aléas politiques et budgétaires
Dans un contexte incertain, il devient un véritable levier de stabilité.
Autrement dit : les dons réguliers compensent ce que les financements publics ne garantissent plus aujourd’hui

Quand la rencontre devient le point de départ de l’engagement
C’est précisément pour répondre à cet enjeu que nous agissons.
Chez Yuzma-Yuz, nos équipes de recruteurs de donateurs vont chaque jour à la rencontre du public, partout en France et dans les DOM-TOM, pour permettre à chacun de :
👉 mieux comprendre les enjeux du secteur associatif
👉 agir concrètement en soutenant une association partenaire
👉 s’engager dans la durée en devenant donateur régulier
Plus qu’un don, un choix de société
La situation actuelle pose une question fondamentale :
quel modèle de solidarité voulons-nous pour demain ?
Si les financements publics se réduisent, alors la capacité des associations à agir dépendra de plus en plus de l’engagement citoyen.
Les 12 305 emplois supprimés en 1 an ne sont probablement qu’un début.

« Dans le milieu de l’économie sociale et solidaire, les indicateurs sont tous au rouge », confie Steve Lewis. Le responsable de l’Observatoire national de l’ESS
Cela signifie une chose très claire :
le modèle de financement des associations est en train de basculer.
Aujourd’hui plus que jamais, face à l’ampleur des besoins et à la fragilisation des financements publics, le rôle des citoyens devient central pour permettre aux associations de continuer à agir dans la durée.
La perspective de voir le Rassemblement national l’emporter en 2027 inquiète d’autant plus dans ce secteur, tant elle pourrait accentuer les tensions et fragiliser encore davantage le tissu associatif dans les territoires. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter notre dernier article ici :




