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Il suffit d’ouvrir son téléphone le matin, de faire défiler l’actualité ou les réseaux sociaux quelques minutes pour ressentir une impression étrange : celle d’un monde en tension permanente.

Crises économiques, conflits, débats politiques houleux, catastrophes humanitaires… les mauvaises nouvelles semblent se succéder sans interruption. À force, cela crée un climat pesant, presque anxiogène.

Crise économique, tensions politiques, conflits armés, crises humanitaires… L’actualité semble parfois ne laisser que peu de place à l’espoir. Dans ce contexte, une question se pose : le monde est-il réellement devenu plus violent, ou bien notre manière de recevoir l’information a-t-elle changé notre perception de la réalité ?

Un cerveau naturellement attiré par les mauvaises nouvelles

Le phénomène n’est pas nouveau : le cerveau humain est biologiquement programmé pour accorder plus d’attention aux menaces qu’aux bonnes nouvelles. Les psychologues parlent de biais de négativité. Pendant des millénaires, cette capacité a été un atout pour la survie : identifier rapidement un danger permettait d’y réagir.

Le problème, c’est que ce mécanisme fonctionne toujours aujourd’hui, dans un monde où l’information circule à une vitesse jamais vue dans l’histoire.

Chaque jour, nous sommes exposés à un flux continu d’informations. Les chaînes d’information en continu, les notifications, les réseaux sociaux diffusent des événements du monde entier en temps réel. Ce qui, autrefois, aurait mis plusieurs jours à parvenir jusqu’à nous est désormais accessible en quelques secondes.

© 5 profils de Français face à l’information – étude de l’Obsoco, d’Arte et de la Fondation Jean-Jaurès

Il n’y a pourtant pas si longtemps, la relation à l’information était très différente. Pendant longtemps, l’actualité arrivait à des moments précis de la journée. On lisait le journal le matin, on écoutait la radio, et surtout on regardait le journal télévisé du soir, ce grand rendez-vous qui résumait les événements marquants de la journée. L’information était plus limitée, plus hiérarchisée aussi.

Depuis une vingtaine d’années, le paysage médiatique a profondément changé avec l’essor des chaînes d’information en continu. Leur principe est simple : diffuser de l’actualité 24 heures sur 24. Ce modèle a profondément transformé notre rapport à l’information. Là où autrefois l’actualité était condensée en quelques moments clés, elle est aujourd’hui diffusée en permanence, commentée, analysée, débattue à toute heure.

À cela se sont ajoutés les réseaux sociaux et les smartphones, qui ont encore accéléré ce phénomène. Résultat : l’information ne nous attend plus, elle vient à nous en continu, parfois même avant que nous ayons le temps de prendre du recul.

Et dans ce flux permanent, les nouvelles anxiogènes ont souvent tendance à prendre plus de place, parce qu’elles attirent davantage l’attention, génèrent plus de réactions… et circulent donc plus vite.

Résultat : notre cerveau reçoit une accumulation de nouvelles négatives à une échelle inédite. Conflits, catastrophes, tensions politiques…

Le monde va peut-être plus mal qu’avant, mais c’est surtout aussi que nous sommes exposés à beaucoup plus d’informations, beaucoup plus vite.

Un climat anxiogène, en France comme à l’international

Pour autant, il serait naïf de nier les tensions réelles qui traversent notre époque.

En France, ces derniers mois ont été marqués par un climat politique et économique parfois tendu :

  • une situation économique incertaine,
  • des débats budgétaires qui ont occupé l’espace public pendant de longs mois,
  • des discussions autour de l’endettement du pays,
  • et déjà les prochaines élections municipales qui commencent à installer un climat plus conflictuel que réellement constructif.

Sur la scène internationale, les crises sont également nombreuses. La guerre en Ukraine, le conflit israélo-palestinien, les violences en République démocratique du Congo, les crises au Soudan ou au Yémen… autant de situations qui rappellent que des millions de personnes vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles.

Et plus récemment encore, les affrontements entre Israël et les États-Unis contre l’Iran ont fait monter d’un cran l’instabilité dans toute la région, avec un conflit qui s’étend désormais au Liban

À force d’être exposés à ces informations en continu, selon une étude de l’Obsoco, d’Arte et de la Fondation Jean-Jaurès, un Français sur deux serait touché par une forme de fatigue informationnelle.

© Graphique – étude de l’Obsoco, d’Arte et de la Fondation Jean-Jaurès

Apprendre à trier l’information

Face à cette avalanche de nouvelles, une question se pose : devons-nous réapprendre à filtrer ce que nous consommons comme information ?

Probablement.

Prendre un peu de recul, ralentir le flux d’actualité, éviter la surconsommation d’informations, essayer de comprendre les sujets en profondeur plutôt que de simplement les survoler… ce sont peut-être des réflexes à retrouver.

Car l’un des risques aujourd’hui, c’est la lassitude. Quand tout semble aller mal en permanence, certains finissent par se détourner complètement de l’actualité ou par penser que rien ne peut vraiment changer.

Et pourtant, ce n’est pas toute la réalité.

Sur le terrain, les associations continuent d’agir

Car pendant que l’actualité se concentre sur les crises, les associations, elles, agissent chaque jour sur le terrain.

Partout dans le monde, des organisations humanitaires, sociales, environnementales ou médicales travaillent sans relâche pour :

  • soutenir les populations touchées par les conflits,
  • lutter contre la pauvreté et les inégalités,
  • protéger l’environnement,
  • améliorer l’accès aux soins et à l’éducation.

Ces actions sont souvent discrètes. Elles font rarement la une des médias. Pourtant, elles sont essentielles pour des millions de personnes.

©MSF – Distribution d’aide humanitaire à Beyrouth au Liban

Paradoxalement, ces organisations doivent aujourd’hui faire face à un défi de taille : la baisse progressive des financements internationaux. Dans un contexte économique tendu, les budgets publics se resserrent et certaines aides diminuent, alors même que les besoins humanitaires augmentent.

Redonner du sens à l’engagement

Dans ce contexte, l’engagement citoyen devient plus important que jamais.

Soutenir une association, faire un don, relayer une cause, s’informer ou simplement prendre le temps d’écouter… ce sont autant de gestes qui permettent de transformer l’inquiétude en action.

Chez Yuzma-Yuz, nous en sommes témoins tous les jours. Nos équipes vont à la rencontre des citoyens pour leur parler des actions des associations partenaires. Et malgré le climat parfois pesant, la générosité reste bien présente.

Beaucoup de personnes veulent continuer à agir, à aider, à soutenir des causes qui leur tiennent à cœur.

Yuzma-Yuz en Martinique pour notre association partenaire Médecins Sans Frontières

Une bonne nouvelle qu’on oublie trop souvent

Dans un monde saturé de mauvaises nouvelles, il est facile d’oublier une réalité essentielle : la solidarité existe toujours.

Chaque jour, des millions de personnes s’engagent, donnent, agissent, s’impliquent. Des associations trouvent des solutions, des bénévoles donnent de leur temps, et des donateurs permettent à des projets essentiels de continuer d’exister.

Oui, l’époque est complexe. Oui, l’actualité peut parfois sembler écrasante.

Mais derrière le bruit permanent de l’information, il existe une autre réalité, plus discrète mais tout aussi puissante : celle de l’engagement et de la solidarité.

Et c’est peut-être cela, finalement, la vraie bonne nouvelle. ✨